En photographie, la lumière n'est pas un accessoire. C'est le...
Lire la SuiteEn photographie, la lumière n’est pas un accessoire. C’est le matériau brut, l’encre invisible avec laquelle le portraitiste sculpte les visages, révèle les émotions et signe chaque image. Maîtriser la lumière en studio, c’est reprendre la plume et ne plus jamais la lâcher.
« La lumière ne s'improvise pas. Elle se compose, comme une partition, note après note, flash après flash. »
Bascunana David
Double lauréat Portraitiste de France (2023 et 2025) et European Photographer, cette exigence technique n’est pas une contrainte : c’est la fondation même de mon travail créatif.
Créer un portrait de qualité ne commence pas au déclencheur. Il commence bien avant, dans l’observation, dans l’écoute, dans une analyse méthodique du sujet qui se présente devant moi.
Voici comment je construis chaque séance, qu’il s’agisse d’un portrait individuel ou d’une photo de famille :
Quelle émotion veut-on transmettre ? Quelle histoire raconte cette image ? L’intention définit la direction artistique avant même de toucher un flash.
Peau mate ou lumineuse, teinte chaude ou froide, grain de peau, tendance à produire des brillances, chaque carnation réagit différemment à la lumière. Je l’observe attentivement pour anticiper le setup.
Taille des sujets, proportions, structure du visage, couleur et volume des cheveux : autant d’éléments qui déterminent l’angle de la lumière principale, la position du fond, le ratio de contraste.
La composition n’est pas une réflexion de post-production — elle se construit en amont, en tenant compte de la lumière prévue. Pose et lumière se définissent ensemble.
C’est la mise en œuvre : positionnement des flashs, choix des modificateurs, réglage des puissances. Tout découle des quatre étapes précédentes.
Cette démarche est systématique. Elle garantit que chaque image est pensée, pas accidentelle. C’est ce qui différencie un portraitiste d’un simple opérateur.
Si je devais n’emporter qu’un seul outil dans mon studio, ce serait mon flashmètre. Dans un monde où le « chipoter en post-traitement » est devenu un réflexe, je prends le contre-pied total : je mesure, je règle, et j’expose correctement — dès la prise de vue.
POURQUOI LE FLASHMÈTRE CHANGE TOUT
Le flashmètre mesure la lumière incidente (celle qui tombe sur le sujet) et non réfléchie. Il donne une valeur d'exposition absolument fiable, indépendante de la couleur du sujet ou du fond. C'est la seule façon de connaître avec précision le rapport de contraste entre la lumière principale et la fill light et donc de maîtriser exactement toute l'éclairage de scène avec précision.
Grâce au flashmètre, je connais à tout instant la puissance exacte de chacun de mes flashs, le ratio entre eux, et l’exposition résultante sur le sujet. Je ne devine pas. Je compose en connaissance de cause.
Cette rigueur de mesure est la clé d’une reproductibilité parfaite : je peux recréer un setup à l’identique des mois plus tard, ou adapter un éclairage en quelques minutes quand les conditions changent.
Mon studio est équipé de flashs Elinchrom, une référence incontournable en photographie professionnelle. Leur précision de recyclage, leur fidélité colorimétrique et leur puissance modulable font d’eux les instruments parfaits pour composer une lumière nuancée.
Selon la complexité du portrait et la vision artistique souhaitée, j’utilise entre 1 et 6 sources lumineuses simultanées :
1 SOURCE DE LUMIÈRE
PORTRAIT MINIMALISTE
CLAIR-OBSCUR
OU
PHOTO DE FAMILLE
SUR FOND BLANC
2 À 3 SOURCES DE LUMIÈRE
PORTRAIT CLASSIQUE OU FAMILLE SUR FOND NOIR
AVEC
LUMIÈRE PRINCIPALE
+ FILL LIGHT
+ BACKGROUND LIGHT
4 À 6 SOURCES DE LUMIÈRE
PORTRAIT FAMILLE ÉPIQUE
OU
MODE ÉCLAIRAGE AVEC FOND COLORÉ
Chaque source a un rôle précis : lumière principale (key light), lumière de remplissage (fill light), lumière de cheveux (hairlight), lumière de fond (background light), lumière de séparation (back light)… Leur orchestration crée la profondeur, le volume, la douceur ou le dramatisme voulu. C’est la grammaire de l’écriture lumineuse.
À chaque source son modificateur : softboxes octogonales pour une lumière enveloppante, beauty dish (bol beauté) pour une lumière franche et modelante, réflecteurs pour une lumière directionnelle et précise, grilles pour éviter les débordements. Le modificateur transforme la nature même de la lumière. C’est un choix artistique autant que technique.
C’est l’un des aspects les plus contre-intuitifs — et les plus caractéristiques — de mon approche : je surexpose volontairement à +1,33 IL par rapport à la mesure standard. Une décision qui surprend, mais qui repose sur une logique technique et artistique solide.
POURQUOI +1,33 ?
Exposer légèrement dans les hautes lumières permet d'obtenir des tons clairs lumineux et doux, de déboucher les ombres sans aplatir le contraste, et de révéler la texture des carnations avec une finesse que la capture à 0 EV ne permet pas. Les capteurs numériques modernes ont la latitude pour l'absorber et Capture One a la précision pour le travailler.
Cette technique, développée et affinée au fil de centaines de séances, est devenue une signature visuelle reconnaissable dans mes portraits : une lumière généreuse, aérée, qui flatte les peaux sans les aplatir.
Pour une explication détaillée des fondements techniques et des cas d’usage de cette approche, consultez → MON ARTICLE DÉDIÉ AU +1,33.
La prise de vue est une composition. Le post-traitement en est l’interprétation finale. Pour cette étape cruciale, j’ai fait un choix délibéré et définitif : Capture One et non Lightroom.
Ce n’est pas une posture. C’est une exigence de résultat.
LIGHTROOM
Polyvalent, largement répandu,
adapté à un workflow
généraliste et grand publique
CAPTURE ONE
Conçu pour les professionnels exigeants.
Aucun compromis.
Avec Capture One, je peux agir précisément sur une plage de teintes sans impacter les couleurs adjacentes. Je peux séparer les tons chauds d’une carnation d’un fond légèrement ambré et les traiter indépendamment. Je peux récupérer les détails dans les hautes lumières (là où ma surexposition à +1,33 stocke l’information) avec une précision que nul autre logiciel n’atteint.
Le tri et le pré-traitement dans Capture One sont la continuité logique de tout ce qui a été construit en studio : l’image finale est l’aboutissement d’une chaîne de décisions précises, du réglage du flashmètre à la courbe finale.
La maîtrise de la lumière en studio n’est pas une fin en soi. C’est un moyen au service d’une ambition : créer des images qui durent. Des portraits qui traversent le temps parce qu’ils sont vrais, construits, pensés.
Du flashmètre aux flashs Elinchrom, de la surexposition mesurée à +1,33 jusqu’à la précision de Capture One chaque maillon de cette chaîne technique est là pour servir l’intention initiale, celle qui naît de l’observation du sujet.
« Maîtriser la lumière, c'est prendre la responsabilité de chaque image. C'est signer son travail, avec précision, avec intention, avec lumière. »
Bascunana David
C’est ce que je m’efforce de faire à chaque séance. C’est ce que double titre de Portraitiste de France et la reconnaissance européenne ont validé. Et c’est ce que je continuerai à explorer, une image à la fois.
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